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Intervention de la CGT d’Indre et Loire à la manifestation du 22 Mars 2018

Le gouvernement, le patronat, chaque jour avec la complicité des médias, travaillent à façonner l’opinion publique en manipulant les informations. Ils assènent des arguments, des chiffres, non vérifiés. Vrai/faux, ils ne s’en soucient guère, ce n’est pas important, car l’objectif c’est de faire le buzz sur le moment. Y compris passer sous silence les luttes et les mobilisations comme à Mayotte, où la grève et les blocages qui durent depuis plus d’un mois ont été volontairement passés sous silence. Cela se vérifie avec la lutte à la SNCF, où l’on entend tout et son contraire.

Depuis plusieurs mois maintenant, les luttes se multiplient dans de nombreux secteurs aussi bien dans le public que dans le privé : les gardiens de prison, à Air France, dans la santé dans les hôpitaux, dans l’éducation, dans le commerce comme à Carrefour, dans l’agroalimentaire comme à Coca Cola, dans l’énergie, la lutte des travailleurs sans papiers...Il ne s’agit pas d’en faire une liste exhaustive mais de démontrer que les luttes se multiplient. Nous pouvons être fier de la réussite de la mobilisation d’aujourd’hui où nous étions plus de 7000.

Contrairement à ce que disent le gouvernement et les médias, il ne s’agit pas que d’une question de statut. Si les fonctionnaires manifestent aujourd’hui, c’est bien pour regagner la revalorisation du point d’indice, l’abandon du jour de carence, l’embauche de fonctionnaires et l’arrêt de la précarisation du travail dans la fonction publique.

Mais c’est aussi défendre notre richesse nationale, le service public et le projet de société qui en découle : une société plus juste, plus solidaire au bénéfice de tous. N’oublions pas que la soi-disant reprise économique dont il est fait état aujourd’hui, les riches la doivent à la protection sociale, frein de leur crise de 2008.

OUI, c’est bien grâce au système de protection issu du Conseil National de la Résistance que la richesse créée ne s’est pas évanouie uniquement dans les dividendes et les différents paradis fiscaux des plus riches, mais bien, seulement en partie malheureusement, dans le porte-monnaie de celles et ceux qui en avaient besoin.

Pour autant, les leçons des errements du capitalisme de 2008 n’ont pas été retenue. C’est une attaque organisée, concentrée sur les missions de services publics et de ses agents, les fonctionnaires dont nous sommes témoins aujourd’hui, afin de livrer au capitalisme la richesse publique, non lucrative.

Ce n’est pas en opposant privé et public que l’on va régler le problème de l’exil fiscal.

Ce n’est pas en fustigeant le statut de fonctionnaire, que l’on va régler le nombre de chômeurs.

Ce n’est pas en s’attaquant aux quelques soi-disant « privilèges » de la fonction publique, que l’on va régler le pouvoir d’achat de tous les salariés.

Bien au contraire, c’est plus de CSG pour tous, moins de garanties sociales, moins de représentation sociale dans l’entreprise, moins de protection sociale pour tous, santé, retraite, indemnisation chômage.

Les arguments des capitalistes et leurs serviteurs zélés, le Roi Macron en tête, sont nombreux et toujours aussi fallacieux pour justifier le vol organisé de notre richesse collective :

-  les fonctionnaires seraient trop nombreux alors qu’ils croulent sous le travail,
-  les avantages sociaux des fonctionnaires seraient trop coûteux alors que les recrutements de l’état et des entreprises publics sont de plus en plus des salariés de droit privé, précaire la plupart du temps, avec les droits réduits qui vont avec,
-  les services publics seraient bâtis sur des conceptions anciennes et inefficaces alors qu’ils sont le garant de l’universalité de traitement, la protection des plus faibles et le barrage à l’arbitraire, exacerbé par la sacrosainte concurrence.

Cela démontre qu’il nous faut développer la lutte, notamment leur convergence, même si la multitude ne s’oppose pas à sa réussite.

En effet, nous devons nous appuyez sur la dégradation des conditions de travail, l’augmentation à tout prix de la productivité, les conséquences de la dématérialisation et de la digitalisation, dont les suppressions d’emplois induites, pour construire avec tous les salariés, fonctionnaires, précaires, des revendications pour une autre société.

C’est dans ce cadre que la CGT se bat :

-  pour le partage de la richesse créée par les travailleurs, et non pas par les possédants comme on voudrait nous le faire croire,
-  pour une protection sociale de haut niveau avec la création d’un nouveau statut de travailleur salarié et la sécurité sociale professionnelle,
-  pour le partage du travail et la diminution du temps de travail sans perte de revenus,
-  pour la démocratie dans l’entreprise et une meilleure représentation des salariés dans les instances professionnelles,
-  pour un code du travail du XXIe siècle.

RDV au 19 avril, nouvelle journée d’action unitaire interpro à construire.

Tous ensembles pour un autre projet de société. Vive la lutte.

Tours le 22 mars 2018.

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