La Sécurité Sociale : 75 ans, plus jeune, plus actuelle et plus nécessaire que jamais !

Clin d’œil de l’histoire n°1

Il y a quelques semaines tout le monde parlait des « jours heureux », même le Président de la République, cette période de l’après-guerre où tous les gens voulaient croire à un monde meilleur rempli d’égalité de justice et de pai. Et quelle belle idée peut mieux symboliser ces jours heureux que la création de la Sécurité Sociale.

Inspirée de la mise en place par Bismarck d’un système de protection sociale, la Sécurité Sociale à la française fut instituée avec les ordonnances des 4 et 5 octobre 1945 par le gouvernement et plus précisément par son ministre du Travail, le communiste Ambroise Croizat (militant de la CGT) et son chef de cabinet Pierre Laroque.

Cette création n’est pas arrivée de nulle part. Elle est directement issue du plan français de sécurité sociale élaboré par le Conseil National de la Résistance en mars 1944. Sa grande innovation, c’est son financement. Celui-ci va reposer sur le travail avec des cotisations assises sur les salaires orientant vers un rôle social une partie de la plus-value réalisée dans chaque entreprise. Ambroise Croizat explique cette idée en précisant « Faire appel au budget de l’Etat, c’est inévitablement subordonner l’efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui risqueraient de paralyser les efforts accomplis ». Autre innovation majeure, la gestion, là encore Ambroise Croizat précise « Le plan français de Sécurité Sociale entend confier à la masse des travailleurs la gestion de leur institution ».

Fort de ces principes, la mise en place de la Sécurité Sociale a été l’œuvre de tous les militants CGT de l’époque qui n’ont pas ménagé leurs efforts puisqu’en six mois seulement ils ont réussi à unifier les 600 caisses qui résultaient des lois de 1930 sur les assurances sociales en une centaine de caisses primaires. Précisons tout de même qu’en 1945 la CGT comptait environ cinq millions d’adhérents.

Les salariés vont gérer démocratiquement les caisses de Sécurité Sociale, les conseils d’administration étant élus régulièrement par l’ensemble des salariés, jusqu’en 1967 date à laquelle d’autres ordonnances vont séparer les risques famille, maladie, vieillesse et remplacer les élections des conseillers par des désignations et instaurer une parité entre conseillers employeurs et salariés. Même le grand mouvement social de 1968 ne parviendra pas à annuler ces ordonnances.

Depuis Patronat et Gouvernements n’ont eu de cesse de porter des attaques à cette grande institution sociale, qui malgré les coups continue à faire preuve de son efficacité. En effet tous les économistes reconnaissent que notre protection sociale a permis d’amortir considérablement les effets de la crise financière de 2008 et même celle en cours liée au COVID. Alors pourquoi continuer à vouloir l’amoindrir avec une énième réforme des retraites, la création d’une branche pour la dépendance financée par l’épargne des salariés, etc… ?

Aujourd’hui nous fêtons les 75 ans de la Sécurité Sociale. Quelle meilleure façon de les fêter que d’agir toutes et tous ensemble pour son amélioration, le 100% sécu et le retour à une gestion démocratique. Nous serons ainsi fidèles au dernier discours d’A. Croizat à la tribune de l’Assemblée Nationale en 1950 qui déclarait : « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité Sociale ne soit rogné. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès ».

Christian Faucompré, Collectif IHS-CGT d’Indre et Loire

 

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