Envoyer la police n’est pas une réponse
Union Départementale des Syndicats Confédérés CGT d’Indre-et-Loire
Adresse à :
Monsieur le 1er Ministre,
Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse,
Monsieur le Président du Conseil Régional Centre Val de Loire
Monsieur le Préfet d’Indre-et-Loire,
Monsieur le Maire de Tours,
Monsieur le Recteur d’Académie,
Messieurs, Mesdames les Proviseurs des Lycées Généraux d’Indre-et-Loire
Messieurs, Mesdames les Proviseurs des Lycées Professionnels d’Indre-et-Loir
Envoyer la police n’est pas une réponse
Depuis lundi 28 septembre, les lycéens se mobilisent aussi, simplement pour avoir ce qui devrait être une évidence.
La mobilisation de la jeunesse dénonce des classes surchargées, le manque de professeurs, d’AED (assistant d’éducation), d’AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) de personnels techniques et médicaux, la pression constante de parcours Sup et demande l’amélioration des locaux scolaires.
Le gouvernement ne peut opposer la violence à ses revendications légitimes.
Hier matin, des affrontements ont eu lieu en marge de la mobilisation au lycée Balzac de Tours. Nous demandons à ce que les circonstances qui ont mené à la blessure dramatique et à la perte de l’œil du jeune élève de 15 ans hier à Tours soient éclaircies et nous lui adressons tout notre soutien ainsi qu’à sa famille.
L’union départementale CGT d’Indre-et-Loire condamne avec force les faits de violences physiques et verbales, l’usage d’armes potentiellement létales ou qui provoquent des mutilations dont sont victimes ces jeunes manifestants.
Mettre des policiers face à des lycéens n’effacera pas la réalité. Le gouvernement, a la responsabilité de ne pas détourner le regard, mais au contraire de les écouter, de les protéger, de les servir et de soutenir leur droit à exprimer leur inquiétude et leurs revendications.
L’ensemble des mobilisations des lycéens, des travailleuses et des travailleurs disent la même chose : le service public dysfonctionne faute de moyens. Les agents travaillent dans des conditions dégradées, les lycéens n’ont plus les conditions pour étudier.
Le gouvernement ne répond que par l’envoi de forces de l’ordre, souvent en engageant des personnels n’ayant pas la formation minimum au maintien de l’ordre, tout en les détournant des missions où ils manquent (enquêtes, secours, proximité), risquant ainsi sciemment de multiplier les incidents.
Le Premier ministre dit que les difficultés des lycées, pourtant largement engendrées par sa politique néfaste, doivent être entendues, mais de par son attitude, il refuse de mettre en cause sa politique néfaste et cautionne la répression des manifestants. Il porte ainsi la responsabilité politique de chaque blessé, lycéen comme l’ensemble du personnel de la fonction publique des trois versants.
Un policier comme n’importe quel fonctionnaire de la fonction publique servent le même public, et dépend des mêmes choix d’un État qui manque à ses devoirs. Le devoir de la république est d’unir les citoyennes et les citoyens pas de les diviser mais de les protéger.
La responsabilité première est désormais celle du gouvernement. Celle du ministre de l’éducation nationale de recevoir les organisations lycéennes en leur apportant des réponses concrètes et en entendant les enseignants et toute la communauté éducative.
La jeunesse regarde son avenir avec inquiétude, parce qu’il n’y a plus de perspective d’avenir devant eux. A leur âge, il devrait pouvoir rêver, construire des projets et avancer avec espoir, au lieu d’avoir peur de ce que demain leur réserve.
Ils sont déjà confrontés à une réalité de plus en plus difficile. Ces jeunes ne sont pas seulement notre présent ils sont notre avenir. Quand une génération n’a plus confiance en son avenir c’est toute la société qui doit s’interroger.
L’union départementale CGT d’Indre-et-Loire demande d’ouvrir, sans délai, des discussions avec les organisations lycéennes, les personnels de l’Éducation nationale et les syndicats de la fonction publique et d’arrêter la répression.
Saint-Avertin, le 1er octobre 2026

